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La gestion des coliques chez les chevaux; toutes les actions à poser démystifiées !

Dès le début de la saison hivernale, nous pouvons assister à une explosion du nombre de cas recensés de coliques partout à travers le Québec. Pourquoi donc les chevaux font-ils des coliques et qu’est-ce que cela veut dire exactement?

Tout d’abord, on réfère au terme colique toute affection qui occasionne de la douleur abdominale chez le cheval. En gros, une colique c’est un terme très vague qui englobe toute une panoplie de diagnostics possibles qui peuvent faire de la douleur abdominale chez le cheval. Parmi ceux-ci, il y a les ulcères gastriques, les entérocolites, les déplacements ou les torsions de colons, les torsions intestinales, les impactions fécales et sablonneuse dans le colon ou le caecum. Il y a même des masses cancéreuses, des problèmes rénaux, hépatiques, musculaires et des torsions utérines qui peuvent causer des coliques. La cause de colique la plus fréquente est la colique spasmodique associée à un changement alimentaire trop brutal. En bref, presque tout peut causer des coliques. Ainsi, il est toujours difficile pour nous de nous prononcer au téléphone sur le caractère sévère ou anodin de l’affection de votre cheval. Plusieurs examens seront donc nécessaires afin d’établir un diagnostic précis ou une liste de diagnostics possibles.

La première chose à faire lorsque votre cheval est atteint de coliques, c’est d’abord de retirer l’accès au foin et à la moulée. Cette première intervention évitera donc de compliquer ou d’aggraver une impaction ou une torsion déjà présente. De plus, comme le péristaltisme des chevaux atteints de coliques se trouve le plus toujours affecté, le jeûne est la façon sécuritaire d’éviter des complications même en présente d’une colique mineure à l’origine. L’accès à l’eau et au bloc de sel pourra être maintenu dans la majorité des cas. Ce n’est qu’après 24-48h en général, qu’on pourra réintroduire l’alimentation de façon progressive lorsque tous les symptômes de coliques auront disparu et que le fumier sera de consistance en en quantité normale.

La deuxième chose d’importance à faire sera de faire marcher votre cheval activement à des intervalles réguliers pour les prochaines 24h. Même si cela peut être très fatigant pour vous, marcher votre cheval aidera à lui faire passer sa douleur, permettra de rétablir un péristaltisme normal et évitera également qu’il se blesse en cas de symptômes sévères (ruades, roulades etc.)

Lors de notre arrivée, il sera important pour nous d’effectuer plusieurs examens et manipulations. Tout d’abord, nous procéderons à un examen physique complet afin d’évaluer la présence de fièvre, le rythme cardiaque, la couleur des muqueuses et les bruits digestifs. La présence d’un rythme cardiaque supérieur à 48bpm et des gencives de couleurs anormales sont habituellement indicateurs d’une pathologie sévère.

Nous procéderons ensuite à l’administration d’analgésiques et de sédatifs par voie intraveineuse afin de soulager sa douleur d’une part et également afin de nous permettre de poursuivre notre investigation diagnostique et de faire d’autres actions thérapeutiques.

Lorsque le cheval répondra à la sédation, nous effectuerons un examen par palpation transrectale afin de noter la présence de déplacement d’organes ou d’impaction. Cela nous permettra d’établir le plan thérapeutique approprié pour votre cheval. Bien évidemment, nous ne pouvons palper que le tiers de l’abdomen de votre cheval et ainsi, certains cas resteront sans diagnostic précis. Dans les centres de référence et d’autres hôpitaux spécialisés, les vétérinaires procéderont également à l’échographie abdominale afin d’établir un diagnostic plus approprié.

En dernier lieu, une intubation naso-gastrique sera faite afin de valider la présence de distension gastrique et de valider la présence d’impaction sévère au niveau des intestins ou du côlon. La présence d’une grande quantité de reflux gastrique qui sortira par le tube indique habituellement une colique sévère. S’il y a absence de reflux, il sera probablement indiqué que votre cheval reçoive des laxatifs tels que l’huile minérale afin d’aider au traitement de sa colique. L’intubation naso-gastrique est donc utilisée à deux fins chez le cheval, soit à titre diagnostique et également à titre thérapeutique.

Finalement, il est important dans tous les cas de procéder à une analyse sanguine de votre cheval lors de colique afin d’évaluer la présence de maladie concomitantes et afin d’évaluer le degré d’hydratation de votre cheval. Tel que mentionné plus tôt, beaucoup de maladies peuvent causer des coliques et plusieurs ne peuvent être diagnostiquées que par analyse sanguine.

Vous pouvez réduire le risque de coliques chez votre cheval de plusieurs façons. Un protocole de vermifugation approprié et des soins dentaires réguliers sont les facteurs de base pour le maintien d'une bonne santé digestive chez votre cheval. De plus, éviter les changements alimentaires trop brusques évitera également bien des désagréments. Il est également important d’éviter de nourrir son cheval directement sur un sol sablonneux afin d’éviter les impactions au sable. Le maintien d’un bon état d’hydratation durant la saison des compétitions et la saison hivernale est également un facteur clé dans la prévention des coliques. Votre cheval devrait avoir accès à une pierre à sel en tout temps et vous devriez vous assurer de sa consommation quotidienne d’eau (20-30L).

En conclusion, les coliques chez le cheval ne doivent jamais être prises à la légère et doivent recevoir des traitements appropriés. La prévention reste la meilleure des options. Pour toute information supplémentaire, n’hésitez pas à communiquer avec nous.

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